Publié : 26 décembre 2009

L’oiseau malin

L’oiseau malin

 

Un conte proposé par Emile Kaboré, instituteur burkinabè

et

illustré par la classe de CM2A de Mme Beaufils.

Ecole Paul-Fort. Verrières-le-Buisson. France.

 

 

Un jour, un garçon tendit un piège et y attrapa un oiseau.

 

Lorsqu’il l’eût dans ses mains, l’oiseau se sentant prisonnier lui dit :

« Ne me tue pas, laisse-moi te dire quatre choses qui te seront utiles dans la vie ».

Le petit garçon accepta, car il était pressé de connaître le secret.

 

« Premier secret » dit l’oiseau : « garde toujours ce que tu as entre les mains ».

Le garçon dit : « je le ferai et je n’oublierai pas ».

 

« Deuxième secret » dit l’oiseau : « ne pleure jamais parce que tu ne peux pas avoir ce que tu veux ».

« Je m’en souviendrai », dit le garçon.

 

« Troisième secret » dit l’oiseau : « si quelqu’un te parle, tu dois l’écouter et réfléchir beaucoup à ce qu’il te dit ».

« Pourquoi ? » dit le garçon.

 

« Parce que tu peux apprendre beaucoup, mais souvent entendre aussi des choses sans importance. Maintenant, laisse-moi m’en aller sur cet arbre et je te dirai le quatrième secret ».

Le garçon ayant oublié la première leçon laisse s’envoler l’oiseau.

 


Une fois sur l’arbre, l’oiseau lui demanda de lui rappeler le premier conseil.

L’enfant se remémorant répéta :

« Garde toujours ce que tu as entre les mains ! »

 

L’oiseau s’en moquant lui dit :

 

« Tu ne l’as pas fait puisque tu m’as laissé m’envoler ! Maintenant je vais te dire la quatrième chose. Sous mon aile droite il y a collée une pièce d’or, aussi grande que ta main ».

 

 

Ayant entendu cela, le garçon se mit à pleurer.

 

« Mais », dit l’oiseau, « quel est le deuxième secret ? »

 

« Ne jamais pleurer parce qu’on ne peut avoir tout ce que l’on veut ! »

 

Et l’enfant cessa de pleurer.


« Tu m’as dit le premier et le second secret. Quel est le troisième ? »

 

Le garçon s’arrêta un long moment pour réfléchir et s’écria :

« Il n’y a pas d’or sous ton aile ! N’est-ce pas vrai ? »

« Vrai ! » dit l’oiseau, « il n’y a rien sous mon aile mais garde bien ces quatre leçons, elles te serviront dans la vie ».<font

 

 

Et l’oiseau s’envola pour ne plus revenir.

Emile Kaboré