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Publié : 21 mars 2011

Le génie de la nature

Le génie de la nature

Une histoire de Xavier Bougeard que nous allons découvrir par épisodes...

 

Il y a très longtemps, dans un pays lointain, vivait un homme pauvre qui n’avait pas de terre. Son plus cher désir était d’en posséder pour pouvoir cultiver et élever des bêtes.

Un jour, il décida de partir pour trouver un lieu qui n’appartiendrait à personne. Sur le bord d’un chemin, il trouva une fiole. Il l’ouvrit et un génie en sortit.

Celui-ci expliqua qu’il pouvait réaliser quatre voeux par an pendant trois ans. L’homme sauta de joie. Enfin, il était chanceux.

Il trouva loin de chez lui une belle vallée tellement isolée que rien n’y poussait et aucun animal n’y venait.

Il s’y installa et ouvrit la fiole. Aussitôt, le génie apparut.

"J’ai bien réfléchi", dit l’homme

"en premier je voudrais un champ de blé"

Instantanément, un grand champ de blé apparut. L’homme écaquilla les yeux et pleura de joie.

Puis il dit :

"en deuxième je voudrais un potager".

De nouveau, le génie fit un geste et un beau potager apparut près du champ.

"En troisième, je voudrais un verger".

Une nouvelle fois, d’un geste le génie exauça le souhait.Un grand verger se matérialisa.

"Enfin, en dernier, je voudrais un troupeau de moutons".

 

Là encore, le miracle s’accomplit.

L’homme se mit au travail dans la bonne humeur : il sema, faucha, moissonna, s’occupa des bêtes. Il ne ménagea pas sa peine.

La récolte de blé fut abondante : il engrangea le blé et récolta du foin, les brebis se portaient bien et donnèrent même naissance à quelques agneaux. Mais dans le potager et dans le verger il n’en était pas de même.Les fleurs fanaient et aucun légume ne se formait. Il récolta bien des salades et des carottes mais pas de tomates de courges, de pois, ni de haricots. Au verger, c’était pareil.

L’homme s’étonna. Il avait pourtant bien travaillé. Que se passait-il ?

Nos hypothèses :

Il n’a pas demandé à avoir des fruits et légumes

Il a oublié d’arroser.

Il faisait trop chaud.

Il a oublié la formule magique

Les moutons ont mangé les fruits et légumes.

Ce n’était pas le printemps.

C’était l’hiver.

La graine de haricot :

Nous allons faire des plantations...

De quoi la graine a-t-elle besoin pour pousser ?

- d’eau

- de terre

- d’air

- de soleil, de lumière

La graine de haricot que nous n’avons pas arrosée n’a pas poussé :

La graine cherche toujours la lumière :

Il ne se découragea pas et se remit au labeur se disant qu’il corrigerait ces problèmes lors de ses prochains voeux. 

Et l’année suivante il ouvrit la fiole. Le génie sortit, l’homme demanda alors :

- Des semences de bonne qualité pour le potager.

- Le remplacement des arbres du verger.

- Une basse cour*.

- Quelques vaches.

 

*Dans la basse-cour, vivent les poules, les canards, les oies, les pintades, les dindons.

Le génie s’exécuta en souriant. Notre homme se remit au travail avec ardeur. Au printemps, les verger en fleurs était magnifique et l’homme le regardait fièrement.

Le potager aussi était très beau : les plantes poussaient bien. L’homme se réjouissait à l’idée d’améliorer son ordinaire.

Les brebis eurent plus de petits et les vaches eurent des veaux.

Puis vint le temps des fruits. Encore une fois le résultat fut catastrophique. Pas de courges, pas de fruits !

L’homme était désespéré. Que se passait-il ?

Nos hypothèses :

Il n’a pas arrosé.

Le génie n’a pas fait la bonne formule.

Il n’a pas attendu assez longtemps.

Il a trop arrosé.

C’était l’hiver.

Nous allons demandé conseil aux élèves de CE2 qui ont travaillé sur les arbres fruitiers pour essayer de comprendre... Rendez-vous est pris pour lundi 9 mai...

Les CE2 nous ont aidés !

Pour qu’un fruit se forme après la fleur il faut qu’il y ait un insecte (abeille, bourdon, papillon,...) qui transporte le pollen (mâle) sur l’étamine(femelle) de la fleur.

Notre conclusion:Il faudrait donc que l’homme demande des insectes au génie de la nature pour espérer avoir des fruits et des courges. 

 Il n’avait maintenant plus que quatre voeux et il ne savait comment les utiliser. Il pensa que la situation était trop grave pour décider seul et il partit voir un vieux sage auquel il expliqua son désarroi.

Le viel homme sourit et lui dit : "Si je te donne la solution, me donneras-tu ta fiole ?"

Notre homme réfléchit, il n’avait pas le choix et il accepta.

Le sage donna trois boîtes à notre homme et lui demanda de ne les ouvrir qu’à son retour dans la vallée.

Dès son arrivée, l’homme se dépêcha d’ouvrir la première boîte ; il y découvrit avec horreur un hamas de vers de terre qu’il jeta au loin.

A peine avait-il ouvert la deuxième boîte que mille mouches s’envolèrent en bourdonnant.

"Le vieux fou m’a bien eu se dit-il !!!"

De la troisième boîte sortit un essaim d’abeilles qui partit s’installer en haut d’un grand arbre et l’homme ne put l’attraper.

L’homme furieux se jura d’aller régler son compte au vieil imposteur. Puis il se remit au travail sans grand espoir.

Pourtant, à sa grande surprise des changement apparurent :

- Le fumier se décomposait bien et bourdonnait de mouches.

- Les vers s’étaient répandus dans les champs, le potager et le verger.

- Les abeilles butinaient sur toutes les fleurs.

Puis, il commença à voir apparaître au potager des tomates, des courges et au verger des fruits.

Les récoltes furent abondantes et d’excellente qualité.

Le viel homme n’avait pas menti, les petites bêtes travaillaient pour notre ami.

Il retourna voir le sage, lui serra longuement la main et lui donna la fiole.

" Dis-moi, comment as-tu fait ?

" Moi, j’ai juste utilisé le génie de la nature."

"Il n’y a donc pas de magie ?"

"Aucune. Tu aurais ramassé toi-même les mouches le résultat aurait été le même. " 

" J’ai fait une bonne affaire !’

Depuis ce jour, l’homme regarda le monde des petites bêtes d’un autre oeil.Il s’en fit des alliés

et découvrit bien des manières de travailler avec eux.

Quant au vieux sage, L’histoire ne dit pas ce qu’il fit de la fiole et du génie mais on peut parier qu’il en fit bon usage...

FIN